Dépôt des manuscrits

 Le dépôt des manuscrits est actuellement fermé.

Les soumissions seront ouvertes du 1er janvier au 28 février 2026. Si des textes devaient toutefois nous parvenir avant ou après ces dates, ils ne seraient ni lus ni retournés. Plus d'informations sur nos conditions de publication ici.

 
 

Conditions de publication de la maison

Notre maison d'édition publie uniquement à compte d'éditeur. Nous proposons deux types de contrat, celui pour les romans et les novellas (10% de droits d'auteur) et celui pour les nouvelles (entre 10 et 50% de droits d'auteur). Nos soumissions sont ouvertes chaque année pendant deux mois d'affilée, en janvier et février. Notre ligne éditoriale est entièrement tournée vers l'Imaginaire (science-fiction, fantasy, fantastique) et notre spécialité reste le format court (nouvelles et novella).

Dans les coulisses - "Traduction vers le rose"

Création de la couverture de la novella

A la relecture du texte d'Esmée lors du travail éditorial, une image nous est venue à l'esprit : celle d'une nature morte fantastique sur une plage, avec un papier peint rose en toile de fond, le tout saupoudré de neige. Pourquoi une nature morte ? Car c'est le sort que connaît la monarchie de Sable. Celui d'une nature qui s'éteint, prise dans le gel et les frimas.

Une fois l'image en tête, il nous faut créer ou glaner des fruits "fantastiques", un peu extraterrestres. Poire rose. Pomme blanche. Grenade turquoise (l’œuvre d'une artiste espagnole). Agrume rouge. Et bien sûr, une orange bleue, en référence à la poésie d'Éluard. Cerise sur le gâteau, nous décidons d'ajouter trois roses de papier au milieu des fruits, et dont le texte, imprimé sur du papier rose, est justement celui de la novella d'Esmée. La coupe qui sert de support aux fruits et aux fleurs est une pièce unique, création d'une artisane néerlandaise. Le vase violet est lui aussi unique ; il est l’œuvre d'un souffleur de verre norvégien.

L'heure est venue d'installer le décor et les éléments de la composition.

Puis de tester les éclairages et de trouver les tonalités idéales.

La neige est composée d'un mélange de sel de table, de polystyrène, de sucre glace, de poudre de noix de coco et d'une touche d'amidon de maïs.

Reste ensuite à faire pleuvoir cette neige composite et à multiplier pendant un long moment les prises de vue, lesquelles seront additionnées au montage et agrémentées de retouches au pinceau blanc pour donner l'effet "boule à neige" final.

Entretien avec l'autrice à propos de la création de son texte.

L’éditeur : Quelle est la genèse de ce texte ? Quel en a été le point de départ ? Quelle a été la première idée à te venir ?

L’autrice : J'ai d'abord vu une femme écrivant seule et recluse, non par choix mais parce que c'était sa fonction, son devoir. Dans un pays de neige, une écrivaine borgne aurait voulu échapper à son sort, vivre une aventure, chevaucher, explorer, et pourtant elle accomplissait sa tâche littéraire, contrainte et forcée.

J'étais intriguée par cette scène, dans laquelle la création artistique est une obligation sociale et non un acte émancipateur ; alors, par curiosité, j'ai écrit ce que cette femme écrivait. Ce faisant, j'ai découvert que, contrairement à ce que je croyais, sa société la forçait à utiliser un certain papier de couleur rose, une sorte de support matériel officiel de la littérature d’État (le fameux papier peint), mais qu'elle était libre d'écrire, là-dessus, tout ce qu'elle voulait.

Et puis ce qu'elle écrivait ne m'intéressait pas tellement, jusqu'au moment où elle a commencé à expliquer pourquoi elle en était là, comment elle avait perdu son œil, pourquoi on attendait d'elle qu'elle écrive sur ce papier rose, ce qui faisait qu'elle a été choisie pour cette tâche. Ce passage est devenu le monologue d'Aude que l'on peut lire dans Traduction vers le rose, celui dans lequel elle délire, parle aux chiens et au corbeau. Le reste de l'histoire est venu à la suite.

L’éditeur : Quelles ont été tes principales sources d’inspiration ? Dans quel état d’esprit as-tu imaginé cette histoire ? Dans quel contexte ?

L’autrice : Le fait d'être, en tant que femme, forcée de rester à l'intérieur d'une maison pour accomplir un devoir, fait partie des images les plus terrifiantes pour moi. J'ai voulu donner à ressentir cette terreur de l'enfermement, qui est la mienne en tant qu'adulte, mais aussi la peur que j'ai, depuis l'enfance, que tout ce qu'il y a à créer soit, un jour, fatalement, créé – qu'il ne reste plus aucune nouvelle mélodie à composer, plus aucun nouveau texte à écrire, que tout acte de création ne soit plus qu'un devoir ou qu'un geste mimétique, hommage à notre humanité perdue – comme de remettre machinalement une mèche derrière son oreille alors qu'on est chauve depuis dix ans.

Les traductrices et les conductives sont des femmes recluses et, dans leur société, le fait d'écrire est un devoir.

En inventant cette histoire, je puisais dans mon expérience existentielle d'adulte, de femme et de lectrice – je pensais à Charlotte Perkins Gilman, au Papier peint jaune, par exemple. Et pourtant, tout du long, je m'adressais à moi-même enfant, à la petite fille de dix ans que j'ai été, qui lisait Diana Wynne Jones et qui n'arrivait pas à dormir, de peur qu'il n'y ait, un jour, plus rien de neuf à inventer.

L’éditeur : En quoi a consisté ton travail de recherche ou de documentation ? Sur quel(s) sujet(s) / thème(s) as-tu travaillé en particulier ?

L’autrice : Je n'ai pas souvent eu très froid, dans ma vie ; j'ai une bonne doublure et de solides godillots fourrés. Originaire du Gard et légèrement éco-anxieuse, je crains plutôt la chaleur, le demi-sommeil où elle nous plonge, les colères qu'elle exacerbe, son côté inéluctable– comme dans le film Do the right thing, de Spike Lee. Je me rappelle avoir dû faire d'énormes efforts, même physiques, au cours de l'écriture de ce texte, pour imaginer les conséquences physiologiques et psychologiques d'un froid palpable, nuisible, envahissant, inaccoutumé.

L’éditeur : Combien de temps t’a-t-il fallu pour écrire ce texte ? As-tu suivi une méthode spécifique ? Avais-tu un plan précis en tête, ou suivais-tu ton imagination à mesure que l’histoire avançait ?

L’autrice : J'ai mis longtemps à comprendre ce que ce texte racontait. Différents personnages ont émergé du monologue d'Aude et avaient chacun quelque chose de précis à dire, mais je ne comprenais pas comment tout cela s'agencerait dans le temps et dans l'espace, ce que cela pourrait bien vouloir dire.

Je m'amusais à travailler au plus fin du texte, à faire parler ce petit monde et à mettre les mots bout à bout, mais c'était très fastidieux et parfois je perdais courage, parce que j'avais l'impression que tout cela ne disait rien qu'une grande immobilité, un paysage gelé, perdu, immobile. Ce n'était pas assez épique pour moi ! Comme Aude, je m'ennuyais moi-même, ma voix hypnotisait ma voix …

Et puis, comme je suis flemmarde, il me semblait parfois que ce n'était pas la peine d'écrire ce qui me venait, que je pouvais continuer à m'imbiber de chacune de ces images en restant allongée sous ma couette. Mais, confusément, je sentais que ce texte m'importait, alors après avoir écrit de longs morceaux j'ai fini par faire un plan, une liste des personnages et par me forcer à égaliser leurs voix, à trouver une sorte de ligne d'horizon à cette immense étendue blanche.

Pour me redonner du cœur à l'ouvrage, j'ai écrit l'image d'Aude chevauchant une bête avec Tétradie, sur une plaine craquelée, avec des falaises roses au bout. Comme j'aimais cette image finale, elle m'a donné l'énergie de l'atteindre, de faire en sorte que cela puisse arriver.

L’éditeur : Parle-nous un peu des héroïnes de cette histoire. Comment sont-elles nées ? Et ton regard sur elles a-t-il changé au fil de l’écriture, au-delà de ce que tu avais prévu ?

L’autrice : Comme je suis partie du détail pour dézoomer, ensuite, petit à petit, jusqu'à comprendre de quoi il retournait, je n'ai découvert que tardivement l'histoire coloniale qui se cache derrière les pratiques politiques et culturelles du Pays de Sable.

J'ai voulu enfouir les racines de l'histoire dans une monarchie pour plaire à la petite Esmée – il était une fois, dans un pays lointain, une Reine et un Roi … – et j'ai été rattrapée par ma vision d'adulte de ce que c'est que le pouvoir politique. Mon regard sur les citoyennes du peuple de Sable n'en a pas été changé mais, simplement, je me suis rendu compte qu'adulte, même lorsque j'ai l'intention d'écrire quelque chose de magique et de merveilleux, j'y inclus le possible déchaînement de violence que peuvent susciter les idées de frontière et de territoire national.

L’éditeur : As-tu eu des surprises lors de la rédaction de ce texte ? Des idées qui ont surgi lors de la phase d’exécution, et auxquelles tu ne t’attendais pas du tout lorsque tu en as commencé l’écriture ?

L’autrice : J'ai été surprise des liens qui se sont tissés entre les personnages et ma propre vie, familiale, affective, intime. J'avais l'impression de tout inventer, de donner à chaque objet une couleur tombée du ciel, comme l'aurait dit Lovecraft, et pourtant, le texte s'étoffant, je voyais certains de mes personnages vivre des émotions et des étapes qui ont été les miennes.

J'ai aussi été étonnée qu'il y ait, dans ce texte, des scènes de violence. Dans la réalité comme dans la fiction, j'ai beaucoup de mal à supporter les images et les traces de mutilation – je suis même, une fois, tombée dans les pommes à la médiathèque de mon quartier parce que, dans un roman que je lisais, un personnage de marin, à qui une diseuse de bonne aventure disait qu'il n'avait pas de ligne de chance dans la paume de la main, s'en traçait une à la pointe du couteau.

Je ne pensais donc pas être capable de mutiler un personnage à mon tour mais, finalement, ça a eu lieu.

L’éditeur : Quel message cherchais-tu à faire passer à travers cette histoire ? Quel est le propos sous-jacent de ton œuvre ?

L’autrice : J'ai voulu montrer une femme qui arrête enfin d'écrire et de lire pour aller à la rencontre d'êtres qui lui ressemblent et comprendre sa propre histoire. C'est un livre qui prône l'abandon de la littérature au profit de l'amitié. Je plaisante, bien sûr.

L’éditeur : Pourrais-tu partager quelques références (livres, documents, personnalités, musiques, films, sites ou pages internet, etc.) en lien direct avec ce texte, afin que nos Voyageurs Littéraires puissent pousser plus avant leurs recherches et découvrir certaines facettes cachées de ton histoire ?

L’autrice : J'ai écrit ce texte avec, sous les yeux, une reproduction de The Scapegoat, de William Holman Hunt. J'imaginais une personne humaine debout à côté de cette chèvre, mais qui lui arriverait à peine à l'épaule … Cet animal était, à mes yeux, une sorte de Gulliver-Chèvre et je me suis aussi beaucoup nourrie du paysage derrière elle. C'est sûrement ce qui a donné leur couleur rose aux falaises et au papier peint de l'histoire.

The Scapegoat, de William Holman Hunt - 1854

Dans les coulisses - "Le Cauchemar de Mortimer Sax"

LE CAUCHEMAR DE MORTIMER SAX - Gwen Geddes

DANS LES COULISSES (création de la couverture de la novella)

Pour commencer, il faut installer le décor.

Parmi différents velours rouges, nous choisissons celui qui a l'aspect "rideau de théâtre" recherché.

Il nous faut également trouver le couteau et le chapeau qui seront les acteurs principaux de la scène. Le couteau, nous le trouvons sur internet, séduits par la finesse de ses décors noir et argent.

Le chapeau haut-de-forme nous est prêté par un auteur de la maison, Nicolas Le Breton.

Ensuite, il faut organiser notre petit théâtre pour la séance photo. Si le chapeau est surélevé pour être à la bonne hauteur, le couteau, lui, est suspendu au plafond de la pièce par un fil de pêche. Il sera immobile car l'oblique retenue pour le cadrage de la couverture rendra per se l'impression de mouvement. Ainsi, l'objet restera net à l'image lorsqu'une photographie du couteau en train de chuter aurait flouter ses lignes et ses décors.

Ensuite, il faut faire jouer les canons à confettis.

Nous en utiliserons trois, de deux types différents, pour tester les effets de chacun.

Ne reste plus désormais qu\'à choisir la meilleure image et procéder aux retouches finales.

> ENTRETIEN AVEC L'AUTRICE DE LA NOVELLA, dévoilant son travail de création :

L’éditeur : Quelle est la genèse de ce texte ? Quel en a été le point de départ ? Quelle a été la première idée à te venir ?

L’autrice : Cette novella m’a été directement inspirée par un rêve étrange que j’ai fait il y a quelques années. J’y voyais un homme dont les yeux tombaient dans un lavabo et, lorsqu’il avait levé la tête pour se regarder dans un miroir, deux yeux bleu clair avaient « poussé » dans ses orbites. Ce songe dérangeant vient tout simplement d’une mésaventure avec l’une des lentilles de contact que je portais à l’époque et mon esprit créatif a fait le reste !

Cette scène étrange m’a marquée et je me suis promis d’en faire un jour une nouvelle ou une novella. Quelques années plus tard, ce rêve m’est revenu en mémoire et d’autres idées ont surgi d’elles-mêmes, notamment la présence de Louise Brooks et le cadre où mes personnages évoluent.

L’éditeur : Quelles ont été tes principales sources d’inspiration ? Dans quel état d’esprit as-tu imaginé cette histoire ? Dans quel contexte ?

L’autrice : Aussi surprenant que cela puisse paraître, toute l’histoire est apparue dans mon esprit sans que je ne sache d’où venaient mes idées, sans faire appel à une quelconque source d’inspiration. C’est le type de texte qui m’a totalement obsédée et qui m’a poussée à me lever plusieurs nuits d’affilée pour en écrire quelques pages, comme si je pratiquais l’écriture automatique !

L’éditeur : En quoi a consisté ton travail de recherche ou de documentation ? Sur quel(s) sujet(s) / thème(s) as-tu travaillé en particulier ?

L’autrice : Une fois les idées principales couchées sur papier, j’ai bien entendu effectué de nombreuses recherches pour éviter les anachronismes, puisque le récit se déroule au début des années 30. Par exemple, j’ai vérifié si les lunettes de soleil existaient déjà en 1933, ou quels étaient les traitements prescrits en cas d’infection.

J’ai dû également me pencher sur la présence de certaines innovations technologiques à cette époque ainsi que sur certains lieux, films, éléments ésotériques ou mœurs en vigueur.

Au final, je me suis énormément documentée sur des sujets très variés, et j’ai appris beaucoup de choses.

L’éditeur : Combien de temps t’a-t-il fallu pour écrire ce texte ? As-tu suivi une méthode spécifique ? Avais-tu un plan précis en tête, ou suivais-tu ton imagination à mesure que l’histoire avançait ?

L’autrice : La première version du texte a été écrite en 3 semaines environ, ce qui est très rapide par rapport à mon rythme habituel d’écriture. Pour être honnête, je n’ai suivi aucun plan, j’ai laissé les idées venir à moi et les ai retranscrites au fur et à mesure, parfois étonnée de la tournure des événements.

Se laisser porter par un récit sans même y réfléchir est une expérience tellement agréable.

L’éditeur : Parle-nous un peu des héros de cette histoire. Comment sont-ils nés ? Et ton regard sur eux a-t-il changé au fil de l’écriture, au-delà de ce que tu avais prévu ?

L’autrice : Les héros sont au nombre de trois, avec des caractères très différents : Mortimer Sax, un illusionniste amitieux, Nina, une jeune chanteuse/acrobate et Pierre Moreau, un lanceur de couteaux d’origine française.

Ma préférée est Nina, une jeune femme éprise de modernité et de liberté, très en avance sur son époque.

Mortimer a beaucoup évolué au fil de l’histoire. Au départ, je l’aimais beaucoup pour sa simplicité et sa ténacité. Mais ensuite, certaines de ses réactions ou décisions m’ont laissée perplexe et mon opinion sur lui est devenue plus ambivalente.

Pierre Moreau est un personnage arrogant et trop sûr de lui qu’il est difficile d’aimer. Il est un peu le « méchant » de l’histoire, même s’il possède des qualités.

Leur naissance est un mystère pour moi. Ils ne sont pas inspirés de personnes réelles, ni de mes lectures, ni de films. Ils ont tout simplement surgi dans mon esprit… comme par magie !

L’éditeur : As-tu eu des surprises lors de la rédaction de ce texte ? Des idées qui ont surgi lors de la phase d’exécution, et auxquelles tu ne t’attendais pas du tout lorsque tu en as commencé l’écriture ?

L’autrice : Comme vous l’avez sans aucun doute deviné, l’apparition et la progression de l’intrigue m’ont surprise du début à la fin (et c’est un immense plaisir à vivre !). Même le cadre dans lequel ils évoluent (un cabaret) ne correspond pas spécialement à mes goûts personnels ou à mes centres d’intérêt ! Seules la période (le début des années 30) et la ville où se déroule le récit (Londres) sont des éléments qui me sont familiers puisque je suis fascinée par cette époque et j’adore l’Angleterre.

L’éditeur : Quel message cherchais-tu à faire passer à travers cette histoire ? Quel est le propos sous-jacent de ton œuvre ?

L’autrice : Il y a plusieurs messages dissimulés dans ce récit.

Le premier est une critique du monde culturel, où on demande bien souvent une certaine uniformité, où on met en avant des artistes (musiciens, acteurs, auteurs…) qui ne sont au final que de pâles copies les uns des autres.

Le second message concerne la sphère de l’amour et met en garde contre une prudence excessive. Trop tarder à révéler ses sentiments, faire preuve d’une trop grande réserve par peur d’être rejeté ou de briser une amitié peut vous faire manquer une belle histoire. Si mes personnages avaient fait preuve de davantage de sincérité dès le départ, s’ils avaient bravé leurs craintes, leur destin (et mon récit) aurait été tout autre !

Le troisième et dernier message évoque le fait de vouloir accéder à tout prix à la célébrité, au risque d’accepter… l’inacceptable et de se laisser détruire par des personnes qui détiennent une certaine forme de pouvoir et utilisent les autres à leur profit au travers de promesses qu’ils ne tiendront jamais.

L’éditeur : Pourrais-tu partager quelques références (livres, documents, personnalités, musiques, films, sites ou pages internet, etc.) en lien direct avec ce texte, afin que nos Voyageurs Littéraires puissent pousser plus avant leurs recherches et découvrir certaines facettes cachées de ton histoire ?

L’autrice : Pour compléter leur voyage littéraire, je propose à nos Voyageurs de faire une escale cinématographique en visionnant « Loulou », un film avec Louise Brooks qui constitue un élément important du récit.

La lecture de l’ouvrage « Louise Brooks, portrait d’une anti star », de Roland Jaccard, leur permettra aussi de découvrir toutes les facettes de l’actrice et sa personnalité hors du commun.

Je mentionne également le Cube de Métatron. Pour en savoir plus sur cette figure géométrique à laquelle certains prêtent de grands pouvoirs, je suggère de suivre ce lien :

(https://www.threadandneedles.fr/cube-de-metatron/)

Les amateurs de frissons se délecteront de l’article consacré par National Geographic à l’Ossuaire de Sedlec, en République tchèque. Dans mon récit, je parle de cette église gothique du 15e siècle dont la décoration est constituée… d’os humains !

(https://www.nationalgeographic.fr/histoire/republique-tcheque-letrange-eglise-ornee-de-30-000-squelettes)

Et pour accompagner votre lecture et vous immerger dans l’ambiance des années 30, je vous suggère d’écouter quelques titres populaires à l’époque. Cette playlist me semble tout à fait appropriée : https://music.apple.com/fr/album/jazz-charleston-black-bottom-swing-anthologie-des-musiques/474941434

Dans les coulisses - "La Cité sous les Cimes"

Création de la couverture

Dès que nous avons commencé à réfléchir à cette couverture, quoi que nous fassions, nos lectures du roman de Marge Nantel nous poussaient continuellement dans les mêmes directions : la Cité, les runes tournantes, le laboratoire. Cité, runes, labo. Cité, runes, labo. Ces notions tournaient dans nos esprits, alors nous avons décidé de mélanger les trois : une cité/labo sous un ciel de runes flottantes. Et puis inverser le tout, comme vu dans un reflet, pour signifier que nos héros sont passés de l'autre côté du miroir, dans une ligne temporelle différente.

Alors, première chose à faire : créer les runes. Pour y parvenir, nous optons pour de la résine que nous chargeons de pigments verts et d'une poudre phosphorescente, et que nous étalons à la poche pour garder le tracé du geste.

En parallèle, nous préparons le montage du mobile qui servira à les suspendre en recyclant de vieux morceaux de bambous et des agrafes de fer...

... ainsi que les éléments et le matériel nécessaires à la création de notre "bout de labo".

Une fois les runes sèches, nous les collons à des fils transparents.

Les runes tiennent, nous les montons sur le cadre de bambous et les suspendons dans le vide, au-dessus de la petite table carrée qui servira de support au labo des fioles et des bouteilles de verre. Une fois n'est pas coutume, nous nous installons dans un couloir pour être plongés dans l'obscurité d'un espace réduit (plus facile à enfumer qu'une grande pièce).

Nous commençons le montage du labo, en ayant pris soin au préalable de brosser du coton dans des lignes de colle, ce qui permettra d'augmenter l'effet brumeux sans trop noyer la scène dans la fumée (laquelle perturbe parfois les objectifs des appareils photos lorsqu'elle passe en volutes devant la lentille).

La scène est montée, nous cherchons le meilleur cadrage, puis ajustons la disposition des différents éléments dans le cadre arrêté pour obtenir l'effet "bout de labo" visé.

Nous passons en éclairage "lumière noire", qui sera notre exercice de style pour cette séance. En tout, il nous faudra même deux séances et multiplier les tests pour trouver les réglages parfaits tant les appareils photos conventionnels ne sont pas pensés pour ce mode de travail.

Puis vient le moment de choisir l'angle de la source lumineuse, et donc le positionnement des reflets.

Nous éteignons les lumières pour voir si la phosphorescence est suffisamment tenace afin de faire des prises de vues isolées des runes, dans le noir complet. C'est le cas.

Ne nous reste plus qu'à commencer la séance photo.

Entretien avec Marge Nantel, autrice du roman.

L’éditeur : Quelle est la genèse de ce texte ? Quel en a été le point de départ ? Quelle a été la première idée à te venir ?

L’autrice : Au départ étaient des runes, le souvenir d’un jeu vidéo aux décors magnifiques d’école de magie nichée dans un creux de verdure hors du temps, ma dernière soirée avec deux copains… et un TGV bloqué au milieu de la neige, suite à une rupture de catenaire. Quand le train est enfin reparti (4 h plus tard), Darkha et Eri avaient leurs identités ainsi qu’un problème à base de runes (sur des miroirs… on ne se refait pas), sur les bras et déjà quelques lignes de texte, qui ne savaient pas où elles allaient, sinon que ce serait assez loin.

L’éditeur : Quelles ont été tes principales sources d’inspiration ? Dans quel état d’esprit as-tu imaginé cette histoire ? Dans quel contexte ?

L’autrice : Je lisais La Chute d’Ile Rien de Martha Wells, où les héros passent beaucoup de temps à sauter d’un monde à l’autre, ce qui m’a clairement influencée.

J’avais terminé L’ombre des miroirs et commencé en parallèle une autre aventure se passant dans un lieu assez semblable à l’Université, mais implanté sur plusieurs Plans d’existence. J’avais donc beaucoup de cogitations autour des différents Plans d’existence dans mon propre univers, sur le grand passé de ma civilisation actuelle, ses créateurs, ses constructeurs… son archéologie. Et puis cette Université que j’avais posée là en contradiction avec toutes les techniques de construction et de magie racontées jusqu’à présent. Je suis donc partie à la recherche des origines, ce qui nécessitait moins des héros que des chercheurs, au final.

L’éditeur : En quoi a consisté ton travail de recherche ou de documentation ? Sur quel(s) sujet(s) / thème(s) as-tu travaillé en particulier ?

L’autrice : Moins que de la recherche, la cité a surtout déclenché un grosse réflexion globale sur les différents systèmes de magie de mon univers et les différentes pratiques. C’est un sujet que je continue d’exploiter sur des textes en gestation. Je me suis beaucoup amusée à créer des règles magico-techniques, des protocoles, des cahiers des charges pour faire fonctionner les différents engins… les différences de règles entre les Dragons et les Humains.

Dans les autres thèmes, j’ai regardé aussi du côté des grands conflits, qu’ils soient religieux, ethnique etc., voir comment on avait justifié, au cours de l’histoire, l’annihilation d’un peuple. Car, au fond, même s’il est question de magie à réparer, c’est sur un fond de génocide.

L’éditeur : Combien de temps t’a-t-il fallu pour écrire ce texte ? As-tu suivi une méthode spécifique ? Avais-tu un plan précis en tête, ou suivais-tu ton imagination à mesure que l’histoire avançait ?

L’autrice : Ce texte a connu deux phases d’écriture, avec une pause conséquente au milieu. Comme je découvrais cette partie de mon monde et mes personnages en « temps réel », j’ai eu une longue passe de texte inutilisable, trop long, davantage un carnet de voyage qu’un roman. Je n’avais pas de plan du tout, je m’étais juste donnée des bornes sous forme de points de repères (les rêves, l’arbre, les Mysques, les savants, les failles, les Cités…), mais sans avoir la moindre idée de la façon dont tout cela était relié. J’ai donc laissé filer mon imagination jusqu’à ce que la masse d’informations me donne assez de matière pour structurer l’ensemble. Puis j’ai repris du début, en sabrant, changeant de place certaines scènes, pour dynamiser l’ensemble et donner une trame lisible.

L’éditeur : Parle-nous un peu des héros de cette histoire. Comment sont-ils nés ? Et ton regard sur eux a-t-il changé au fil de l’écriture, au-delà de ce que tu avais prévu ?

L’autrice : Une des particularités des personnages de cette histoire, c’est qu’ils sont tous nés pour cette histoire. D’ordinaire, je réinjecte des rôles secondaires d’autres écrits, que j’ai envie de peaufiner, et je n’ai qu’une ou deux créations originales, qui viennent s’ajouter au petit peuple de mon univers. Alors certes, ici, presque tout le monde a des liens et des références à d’autres écrits, et en particulier à Dans l’ombre des miroirs, mais absolument aucun n’existait avant que je me lance dans ce récit. Leur autre particularité, comparé à d’autres personnages, c’est que leur destin (même l’avenir qu’il leur reste après le mot « fin »), n’est pas amené à être raconté. On ne recroisera aucun d’entre eux ailleurs.

Darkha et Eri sont les seuls de mes personnages dont l’origine est totalement traçable dans la réalité. Au fil de la musique dans mes oreilles et de mes pensées de fil en aiguille, en attendant que le train reparte, les voix de mes amis, que j’avais vus la veille, ont pris d’autres tonalités, leurs échanges sarcastico-affectueux de mecs qui se connaissent depuis toujours ont dérivé vers deux nouvelles figures. Il y a eu ce grand mage à lunettes, as des maths magiques, et son pote ingénieur, beaucoup plus branché sur les architectures fantastiques.

Comme je ne construis pas vraiment mes personnages avant d’écrire, je ne peux pas dire que mon regard a changé sur eux, j’ai juste appris à les connaître. Je ne savais pas au départ que Darkha était sans doute plus cruel et indifférent que je ne l’avais pensé. Et Eri s’est avéré beaucoup plus grande gueule que je ne le croyais.

Enfin, je me suis aperçue que, contrairement à ce que j’avais pensé, malgré leur ascendance respective, je n’en ferai pas des combattants (même juste un peu). Que s’ils sauvaient finalement le monde, ce serait grâce à leur cerveau, pas grâce à leurs muscles… c’était assez nouveau pour moi !

Morlen est un OVNI, né par hasard, au fil de l’écriture pour créer une scène comique, puis j’ai réalisé qu’il était trop unique pour ne pas avoir un rôle précis. C’est un personnage qui m’a beaucoup émue et attendrie à mesure que j’écrivais. J’ai littéralement arrangé et réécrit des scènes pour ne pas lui faire trop de peine.

Ezaïa est plus simple, même si essentiel. C’est ma caution « Indiana Jones ». J’avais besoin d’un personnage à la fois fort et intelligent, qui puisse servir de référence entre les époques et endosser le rôle de guerrier que mes personnages principaux avaient eu le front de décliner.

L’éditeur : As-tu eu des surprises lors de la rédaction de ce texte ? Des idées qui ont surgi lors de la phase d’exécution, et auxquelles tu ne t’attendais pas du tout lorsque tu en as commencé l’écriture ?

L’autrice : la malédiction et le plaisir absolu de ce texte, c’est justement le nombre de surprises qu’il m’a réservé. C’est toujours agaçant de comprendre les tenants et aboutissants en même temps que ses personnages (c’est censé être moi le chef !!), mais c’est aussi totalement grisant. Je suis toujours épatée de ce le subconscient met en place à mon insu. Quand je comprends enfin où je voulais en venir, je me rends souvent compte que j’ai semé des petits cailloux en amont, que la conclusion est logique. Du coup, sur plusieurs révélations, on m’a dit : « ça c’était évident »… pas pour moi, Muse n’étant pas encore assez blasée au moment de l’écriture pour me donner un coup sur la tête et me montrer l’info du doigt.

L’éditeur : Quel message cherchais-tu à faire passer à travers cette histoire ? Quel est le propos sous-jacent de ton œuvre ?

L’autrice : Il y a plusieurs sujets assez sombres plus ou moins en filigrane de ce texte, outre mon habituel fil rouge, autour de l’inutilité de chercher à réparer à l’identique ce qu’on a cassé. Il y est aussi question du rapport à l’autre, la façon dont on justifie des atrocités sur une différence d’apparence, de sang, ici d’espèce. Et aussi de la culture de l’instant, de la non réflexion, la façon dont, au moindre problème, on s’emploie activement à traiter le symptôme au lieu de s’accorder le temps de chercher la cause.

L’éditeur : Pourrais-tu partager quelques références (livres, documents, personnalités, musiques, films, sites ou pages internet, etc.) en lien direct avec ce texte, afin que nos Voyageurs Littéraires puissent pousser plus avant leurs recherches et découvrir certaines facettes cachées de ton histoire ?

L’autrice : Mmm… là c’est un peu compliqué, puisque les références principales sont dans d’autres de mes histoires. À moins de s’abonner à mon mur Pinterest pour voir à quoi ressemblait Darkha bébé (et, sans surprise, ce n’était que ce qui se fait de plus charismatique ni imposant dans la classe Dragon), la Cité n’a pas énormément de documentation « réelle ».

Dans les coulisses - "Dans l'ombre des miroirs"

DANS LES COULISSES (création de la couverture du roman).

Pour commencer, il faut créer la main qui jaillira du miroir. Nous optons pour de l'argile porcelaine (ininflammable) teintée dans la masse avec des pigments naturels. Le moulage est opéré dans un seau rempli d'alginate, pour un meilleur rendu et une plus grande finesse des détails de la peau. Une fois l'argile sèche, il faut découper l'alginate petit bout par petit bout jusqu'à dégager complètement la sculpture.

Mise en abyme : la main réelle tenant la main moulée.

Début des tests. Des blocs d'argile "témoins", ainsi que des éclats, ont été réservés pour tester les produits inflammables et voir comment réagissent les moulages aux embrasements.

Une fois la main nettoyée, polie ou repeinte par endroits, il faut encore faire des tests pour mesurer la place disponible entre les doigts et la paume, calculer le poids des pièces et de la sculpture pour le collage final, ainsi que le nombre total de pièces qu'il est possible de loger dans le creux de la main.

Désormais, il faut trouver le bon cadrage, la bonne lumière, comment organiser les miroirs et sous quel angle poser l'objectif de nos appareils.

Une fois le cadrage et la direction de la lumière arrêtés, la séance photo peut commencer.

ENTRETIEN AVEC MARGE NANTEL, L'AUTRICE DU ROMAN, dévoilant son travail de création :

L’éditeur : Quelle est la genèse de ce texte ? Quel en a été le point de départ ? Quelle a été la première idée à te venir ?
L’autrice : L’histoire est née un jour d’agonie sur mon canapé, suite à une intoxication alimentaire. Vautrée sur les coussins, j’ai relu Les Trois Mousquetaires… puis tous mes livres de costumes, focalisée sur l’époque Louis XIII, et puis j’ai dessiné un spadassin. Sabhe était né. Comme toujours (à une exception), c’est le personnage qui a fait l’histoire. J’ai voulu découvrir qui il était.

L’éditeur : Quelles ont été tes principales sources d’inspiration ? Dans quel état d’esprit as-tu imaginé cette histoire ? Dans quel contexte ?
L’autrice : L’univers de Dumas, d’Artagnan en tête m’a largement contaminée. Je suis accroc aux films de cape et d’épée avec Jean Marais aussi. En plus, je venais de relire Cyrano de Bergerac de Rostand. J’avais envie d’écrire une histoire de course poursuite et d’aventure, de panache et de duel, où même les voyous sont des gentilshommes.

L’éditeur : En quoi a consisté ton travail de recherche ou de documentation ? Sur quel(s) sujet(s) / thème(s) as-tu travaillé en particulier ?
L’autrice : Je me suis retapée tous les films de Jean Marais + Le prisonnier de Zenda (une de mes scènes de duels préférées, où Stewart Granger et James Mason sont à la fois impeccables de politesse, cools, et hyper brutaux), en bonne costumière, j’ai beaucoup étudié leurs costumes, pioché aussi dans les grandes lignes architecturales du 17e siècle (époque de floraison des hôtels particuliers et de cette pièce si particulière qu’est le salon). À l’époque, je pratiquais un peu l’escrime et je me suis documentée sur l’histoire des armes portées en France, ainsi que sur l’histoire du duel. Pour le volet un peu plus politique et géopolitique, vu que cet univers me suit depuis longtemps, je savais déjà à peu près où j’allais. Même si tous les enjeux ne sont pas clairement exposés dans l’ombre des miroirs, la genèse historique d’Askaar et de ses problèmes frontaliers existe quelque part dans mes brouillons.

L’éditeur : Combien de temps t’a-t-il fallu pour écrire ce texte ? As-tu suivi une méthode spécifique ? Avais-tu un plan précis en tête, ou suivais-tu ton imagination à mesure que l’histoire avançait ?
L’autrice : C’est un des textes que j’ai écrit le plus rapidement, environ deux ans. Quand je commence un texte, en général j’ai les personnages principaux, deux scènes et la dernière phrase. Le jeu, c’est de les relier. Du coup, on peut estimer que j’ai vaguement un plan… Sur ce roman, les chapitres se sont remarquablement bien enchaînés dès le départ. Les blocs d’action se définissaient assez vite. J’ai eu l’impression de trouver rapidement la bonne alchimie entre mes quatre gugusses, à partir de là, s’ils fonctionnaient, l’histoire se mettait en place quasi d’elle-même car leurs réactions étaient évidentes.

L’éditeur : Parle-nous un peu des héros de cette histoire. Comment sont-ils nés ? Et ton regard sur eux a-t-il changé au fil de l’écriture, au-delà de ce que tu avais prévu ?
L’autrice : Sabhe est le catalyseur mais pas le premier né de cette histoire. C’est lui qui a donné le cadre, le contexte. Canopée a suivi, sans que je me souvienne vraiment de la genèse de sa naissance (mais pour l’histoire, je me suis beaucoup amusée des premiers visuels d’Assassin’s Creed, où le « héros » avait un à peu près le look que j’imaginais à Canopée, né dans ma tête pas loin de dix ans plus tôt). Ils sont restés assez égaux à eux-mêmes sur la durée.
Mais d’autres personnages sont plus vieux dans mon esprit : Malakine et Cyal existaient déjà depuis un moment, je m’en étais servie dans un autre texte, qui m’avait permis de cerner un peu Malakine et ses excentricités. Dans l’ombre des miroirs m’a révélée la part sombre de sa personnalité.
Sinewanda existe depuis très longtemps. Même s’il n’apparait finalement que peu, il fait partie des piliers de mon univers, comme le roi des Elfes de Pierre de Lune. Au départ de toutes les histoires que j’écris dans ce monde, il y a trois rois dont les coups d’éclat conditionnent quasiment tout le reste.

Les personnages comme Nève, Adona, Horel, ou même Densalain, l’Elfe qui se fait kidnapper, ont évolué au-delà de mes attentes, jusqu’à prendre un rôle incontournable dans la grille de fond de mon univers. D’ailleurs, Nève comme Den n’ont pas dit leur dernier mot, ils réapparaîtront un jour ou l’autre.

L’éditeur : As-tu eu des surprises lors de la rédaction de ce texte ? Des idées qui ont surgi lors de la phase d’exécution, et auxquelles tu ne t’attendais pas du tout lorsque tu en as commencé l’écriture ?
L’autrice : Les grandes lignes n’ont pas beaucoup bougé, ni les motivations des différentes factions. J’ai eu quelques surprises au niveau des personnages : je ne m’attendais pas à ce que Horel, Adona et Nève, malgré leurs apparitions intermittentes, aient des rôles aussi centraux dans l’intrigue.
Mon vrai moment de surprise, ça a été de comprendre (du coup en même temps que mes héros), l’importance de la bague…

L’éditeur : Quel message cherchais-tu à faire passer à travers cette histoire ? Quel est le propos sous-jacent de ton œuvre ?
L’autrice : Il y a souvent une idée sous-jacente récurrente à la plupart de mes écrits : quel que soit l’emballage, il y a toujours l’idée qu’on ne peut pas revenir en arrière, que les choses ne peuvent pas redevenir « comme avant » et que ce que l’on casse ne retrouvera jamais son intégrité. Référence ici aux ambitions de l’homme à la pipe vis-à-vis du pouvoir et des Disques, mais également à celles de Sinewanda de modifier le rapport de son pays aux contrées limitrophes… aux différents deuils et évolutions des personnages aussi. Ce n’est pas toujours drôle, ni forcément triste, mais il n’y a que le choix d’aller vers l’avant.

L’éditeur : Pourrais-tu partager quelques références (livres, documents, personnalités, musiques, films, sites ou pages internet, etc.) en lien direct avec ce texte, afin que nos Voyageurs Littéraires puissent pousser plus avant leurs recherches et découvrir certaines facettes cachées de ton histoire ?
L’autrice : L’intégralité de l’œuvre d’Alexandre Dumas, bien sûr ! Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, avant lequel « panache » n’avait pas la même saveur. Les Lames du cardinal de Pierre Pevel, Le Scorpion d\'Enrico Marini… tous les films de cape et d’épée des années 50/60, avec leur esthétique particulière et si « propre ». Les jeux vidéo Baldur’s Gate et Neverwinter Nights.
Sur le volet plus technique, L’histoire du costume français de Ruppert Jacques, Croiser le fer de Pascal Brioist, Pierre Serna et Hervé Drévillon, Les épées portées en France de l’antiquité à nos jours de Jean Lhoste, ¨C51C de Pérouse de Montclos…